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La forme et les proportions de la mâchoire

Tiers inférieur
23 minMis à jour le

L’apparence de la mâchoire dépend principalement de sa largeur de face, de la position des angles mandibulaires, de la longueur et de l’inclinaison du ramus, de la pente du corps mandibulaire et de la taille et de la projection du menton.

Pour les mesures de face, la tête doit être droite, sans rotation et l’appareil placé à hauteur du visage. Pour le profil, le plan de Francfort constitue le meilleur repère : la ligne allant approximativement du haut du conduit auditif au bord inférieur de l’orbite doit être horizontale. Une photo prise de près au grand-angle fausse particulièrement la largeur de la mâchoire et la projection du menton.

1. Les principaux repères de la mandibule

a. Gonion, menton et pogonion

Le gonion correspond à l’angle postéro-inférieur de la mandibule, là où le ramus vertical rejoint le corps mandibulaire. De face, il correspond grossièrement au coin inférieur et latéral de chaque côté de la mâchoire.

Le menton est le point le plus bas de la symphyse mandibulaire.

Le pogonion est le point le plus avancé du menton vu de profil.

Le gnathion se trouve entre ces deux repères : il représente approximativement le point le plus antéro-inférieur du menton.

Ces points ne sont donc pas interchangeables. Le menton sert surtout aux mesures de hauteur, le pogonion aux mesures de projection et le gonion aux mesures concernant l’angle et la largeur mandibulaires.

b. Ramus et corps mandibulaire

La mandibule peut être divisée en deux grandes parties visibles sur le profil.

Le ramus est la partie postérieure qui remonte du gonion vers l’articulation temporo-mandibulaire.

Le corps mandibulaire part du gonion et se dirige vers le menton.

Le rapport entre ces deux parties influence fortement la forme générale. Un ramus long place les angles mandibulaires plus bas et donne davantage de hauteur à la partie postérieure de la mâchoire. Un corps long augmente au contraire la profondeur antéro-postérieure de la mandibule.

2. La mâchoire vue de face

a. Largeur bigoniale

La largeur bigoniale correspond à la distance entre les deux gonions :

gonion gauche → gonion droit

Il faut repérer les points où la mâchoire atteint sa largeur maximale au niveau de ses angles.

Sur une photographie, cette mesure correspond à la largeur apparente du bas du visage. Elle comprend donc non seulement l’os, mais également l’épaisseur du masséter et des tissus mous.

Pour l’interpréter, elle est comparée à la largeur bizygomatique, c’est-à-dire la distance entre les deux points les plus latéraux des pommettes :

largeur bigoniale ÷ largeur bizygomatique

Une zone autour de 0,85 à 0,92 constitue aujourd’hui un repère particulièrement utilisé, avec environ 0,90 comme valeur centrale.

Cette valeur vient d’être retrouvée de manière assez nette dans une étude de 2026 portant sur 156 hommes célèbres appartenant à six groupes différents : la largeur mandibulaire représentait approximativement 90 % de la largeur zygomatique, avec une remarquable stabilité entre les groupes.

À 0,90, une largeur de pommettes de 145 mm correspond par exemple à :

145 × 0,90 = 130,5 mm de largeur bigoniale.

Sous environ 0,80-0,85, la partie inférieure du visage devient fortement plus étroite que les pommettes et produit davantage une forme triangulaire.

Autour de 0,85-0,92, le visage conserve un léger rétrécissement vers le bas tout en gardant une mâchoire large.

Vers 0,95-1,00, la largeur des angles se rapproche fortement de celle des pommettes et le visage devient plus carré.

Une étude spécifiquement consacrée à l’angle mandibulaire masculin a d’ailleurs trouvé une préférence pour une largeur intergoniale très proche de la largeur zygomatique. Les deux résultats ne sont pas réellement incompatibles : environ 0,90 correspond à une mâchoire large mais encore légèrement plus étroite que les pommettes, alors que 1,00 représente une version particulièrement carrée.

b. Jaw Frontal Angle

Le Jaw Frontal Angle ou JFA décrit la pente des deux côtés de la mâchoire lorsqu’on la regarde de face.

Pour le mesurer, on trace de chaque côté une ligne suivant la partie relativement droite du bord mandibulaire, depuis le gonion vers le menton. On prolonge les deux lignes jusqu’à leur intersection et on mesure l’angle compris entre elles.

Le repère généralement utilisé est :

85 à 95°

avec environ 90° comme valeur centrale.

Un angle inférieur signifie que les deux côtés convergent plus fortement vers le menton. La mâchoire devient davantage en V.

Un angle proche de 90° produit un rétrécissement modéré.

Un angle supérieur signifie que les côtés convergent moins et que la partie inférieure du visage devient plus large et plus carrée.

Le JFA ne doit pas être confondu avec le gonial angle. Le JFA est mesuré de face entre les deux contours mandibulaires. Le gonial angle est mesuré de profil entre le ramus et le corps mandibulaire.

c. Position verticale des gonions

La largeur ne suffit pas. Il faut également regarder à quelle hauteur les angles de la mâchoire apparaissent.

Un gonion situé haut produit un ramus visuellement court. La mâchoire commence alors à converger vers le menton assez tôt.

Un gonion plus bas allonge la partie verticale de la mâchoire et permet au visage de conserver davantage de largeur jusque dans sa partie inférieure.

Dans une étude consacrée à la forme idéale de la mâchoire masculine, le niveau préféré se trouvait approximativement à hauteur des commissures de la bouche et ne devait pas descendre sensiblement sous le niveau de la lèvre inférieure.

Il s’agit ici du niveau du point d’angle observé de face, pas du point le plus bas de la mandibule.

d. Gonial flare

Le gonial flare correspond à la manière dont les angles mandibulaires ressortent latéralement.

Une mandibule peut avoir une largeur correcte tout en possédant des gonions peu définis si les côtés se fondent progressivement dans le visage.

À l’inverse, des gonions légèrement évasés vers l’extérieur créent une rupture plus visible entre le ramus et le corps mandibulaire et rendent les angles plus nets.

Le flare est une caractéristique tridimensionnelle. Une simple photographie frontale permet de l’estimer, mais pas de mesurer correctement la projection latérale réelle. L’imagerie 3D ou un scanner permet de distinguer l’évasement osseux de l’épaisseur des masséters. La littérature radiologique définit d’ailleurs spécifiquement un mandibular flare angle pour mesurer l’orientation du ramus dans le plan frontal.

3. Les proportions verticales de la partie inférieure

a. Hauteur du tiers inférieur

Le tiers inférieur du visage se mesure de la base du nez au bas du menton :

subnasale → menton

Le subnasale correspond au point où la base de la cloison nasale rejoint la lèvre supérieure.

La division classique du visage en trois tiers compare approximativement :

ligne capillaire → glabelle

glabelle → subnasale

subnasale → menton

Chez les visages masculins attractifs étudiés récemment, le tiers inférieur était en moyenne le plus important des trois. L’étude de 2026 retrouve une organisation générale « tiers inférieur > supérieur > médian ».

Sur photo, une zone d’environ 34 à 37 % de la hauteur totale du visage est souvent utilisée pour le tiers inférieur masculin.

Un tiers inférieur court peut réduire la présence du ramus et du menton. Un tiers inférieur très long peut au contraire donner une apparence allongée, surtout si cette longueur vient davantage de la partie antérieure que du ramus.

b. Rapport menton / partie supérieure du tiers inférieur

Une mesure fréquemment utilisée divise le tiers inférieur autour de la ligne de fermeture des lèvres.

On mesure :

base du nez → ligne de fermeture des lèvres

puis :

ligne de fermeture des lèvres → bas du menton

Le ratio est :

ligne des lèvres → menton ÷ subnasale → ligne des lèvres

Les valeurs utilisées se situent généralement autour de 2,05 à 2,55, avec de nombreux visages masculins sélectionnés pour leur apparence autour de 2,4 à 2,8.

Un ratio d’environ 2,3 signifie par exemple que la distance entre la bouche et le bas du menton est 2,3 fois plus grande que la distance entre la base du nez et la bouche.

Ce ratio est souvent appelé chin-to-philtrum ratio, même si le nom est imparfait : la mesure ne correspond pas uniquement à l’os du menton et dépend également de la position des lèvres.

4. L’angle mandibulaire vu de profil

a. Gonial angle

Le gonial angle correspond à l’angle formé entre le ramus et le corps mandibulaire.

Pour le mesurer, on trace une première ligne suivant le bord postérieur du ramus et une seconde suivant le bord inférieur de la mandibule en direction du menton. Leur intersection se situe au niveau du gonion. C’est également la définition utilisée en céphalométrie et sur scanner.

Un angle plus petit produit une mâchoire plus fermée et plus carrée.

Un angle plus grand produit une ouverture plus obtuse et une mandibule qui paraît davantage descendre vers l’avant.

Il faut cependant distinguer la mesure osseuse sur radiographie de la mesure approximative sur photographie.

En céphalométrie, les valeurs normales rapportées se situent notamment autour de 123 à 137°.

Une étude consacrée spécifiquement à l’esthétique de la mâchoire masculine trouvait une préférence autour de 130°.

Les analyses photographiques utilisent généralement une plage plus basse, souvent autour de 112 à 123° ou 115 à 125°.

Ces chiffres ne doivent pas être mélangés comme s’ils correspondaient exactement à la même mesure. Les repères osseux d’une téléradiographie sont plus précis que les lignes tracées sur le contour cutané d’une photographie.

Pour une photo de profil, environ 115 à 125° constitue donc un repère pratique. Pour une mesure céphalométrique osseuse, une valeur proche de 125 à 130° reste parfaitement cohérente.

b. Effet d’un angle faible ou élevé

Un gonial angle faible rapproche la direction du ramus de celle du corps mandibulaire et crée un angle plus fermé. Avec un ramus suffisamment long, cela produit une mâchoire très carrée.

S’il devient extrêmement faible, la mâchoire peut cependant paraître excessivement horizontale ou comprimée verticalement.

À l’inverse, un gonial angle élevé ouvre la mandibule. Le gonion devient moins angulaire et la ligne mandibulaire descend davantage vers le menton.

Au-delà d’environ 130-135° sur une mesure photographique comparable, cet effet devient particulièrement visible.

5. La pente générale de la mandibule

a. Mandibular Plane Angle

Le Mandibular Plane Angle mesure l’inclinaison du bord inférieur de la mandibule par rapport au crâne.

La version la plus courante est le Frankfort Mandibular Plane Angle ou FMA.

On trace d’abord le plan de Francfort :

porion → orbitale

Le porion correspond au point supérieur du conduit auditif et l’orbitale au point inférieur du rebord de l’orbite.

On trace ensuite le plan mandibulaire :

gonion → gnathion ou menton

L’angle entre ces deux lignes constitue le FMA.

Les normes céphalométriques classiques tournent autour de 25°, avec une plage approximative de 20 à 30°. Une classification récente utilise 22 à 28° comme zone mésocéphalique, moins de 22° comme low-angle et plus de 28° comme high-angle.

Pour une mâchoire masculine à orientation plutôt horizontale, les repères photographiques utilisés se situent fréquemment autour de :

15 à 22°.

Autour de 15-20°, le bord mandibulaire reste relativement horizontal.

Autour de 22-28°, on se rapproche des proportions céphalométriques moyennes.

Au-dessus de 28-30°, la mandibule devient davantage inclinée vers le bas.

Le FMA et le gonial angle sont deux choses différentes. Un homme peut posséder un gonial angle faible mais un plan mandibulaire relativement incliné, ou l’inverse.

b. Downward growth

Une mandibule dont le plan est fortement incliné présente davantage de développement vertical par rapport au développement horizontal.

Visuellement, le menton descend davantage tandis que sa projection vers l’avant peut sembler réduite. Le bord mandibulaire forme une pente plus forte depuis le gonion jusqu’au menton.

Une orientation plus horizontale conserve davantage le menton vers l’avant et crée une ligne mandibulaire plus proche de l’horizontale.

C’est pourquoi le Mandibular Plane Angle donne souvent davantage d’informations sur la direction générale de la mâchoire que le gonial angle pris seul.

6. Le ramus

a. Inclinaison du ramus

Le ramus idéalement visible de profil est relativement vertical.

Pour le mesurer, on trace une ligne tangentielle au bord postérieur du ramus puis on calcule son angle avec le plan de Francfort.

Une étude spécifiquement consacrée à l’esthétique masculine trouvait une pente préférée de :

65 à 75° par rapport au plan de Francfort.

Cela correspond à environ 15 à 25° d’écart par rapport à la verticale.

Plus le ramus s’incline fortement vers l’arrière ou vers l’avant, plus la position du gonion et la forme de l’angle mandibulaire changent.

b. Hauteur du ramus

En céphalométrie, la hauteur du ramus peut être mesurée entre le condylion et le gonion :

condylion → gonion

Le condylion correspond au point supérieur du condyle mandibulaire, donc à la partie articulaire située près de l’oreille.

Sur une photographie ordinaire, le condylion n’est pas visible. On peut seulement estimer la hauteur apparente entre la région située juste sous l’oreille et le gonion.

Un ramus long place le gonion bas et augmente la partie verticale de la mâchoire. Un ramus court place le gonion plus haut.

Chez des sujets masculins étudiés radiographiquement, une étude trouvait une hauteur moyenne Co-Go d’environ 60,8 mm.

La valeur absolue dépend toutefois fortement de la taille générale du visage. Le rapport avec la longueur du corps mandibulaire est plus informatif.

c. Ramus-to-mandible ratio

Une version photographique simplifiée compare la hauteur visible du ramus à la longueur du corps mandibulaire.

On mesure approximativement :

hauteur gonion → partie supérieure du ramus

puis :

longueur gonion → pogonion

Le ratio est :

hauteur du ramus ÷ longueur du corps mandibulaire

Une plage autour de 0,59 à 0,78 est régulièrement utilisée sur les analyses photographiques.

Autour de 0,60, le ramus est relativement plus court.

Vers 0,70-0,75, il devient proportionnellement long.

Il faut cependant éviter de comparer directement ce chiffre à une mesure céphalométrique Co-Go / Go-Pog. Dans une étude utilisant les véritables repères osseux, les moyennes masculines étaient d’environ 60,75 mm pour Co-Go et 69,20 mm pour Go-Pg, soit environ 0,88.

Le fameux ratio 0,59-0,78 correspond donc à une méthode photographique simplifiée et non au ratio osseux standard.

7. Longueur et projection de la mandibule

a. Longueur mandibulaire

La longueur du corps mandibulaire peut être mesurée entre le gonion et le pogonion :

gonion → pogonion

En céphalométrie, on rencontre également :

gonion → pogonion pour le corps mandibulaire

condylion → gnathion pour la longueur mandibulaire totale.

Dans une étude radiographique, les hommes présentaient en moyenne environ 69,2 mm de longueur Go-Pg et 118,6 mm de longueur totale Co-Gn.

Ces valeurs absolues ont peu d’intérêt esthétique sans tenir compte de la taille générale du visage.

Une mandibule peut être longue tout en étant reculée. La projection vers l’avant doit donc être étudiée séparément.

b. Position antéro-postérieure

La position de la mandibule peut être mesurée avec le SNB en céphalométrie.

On utilise trois points :

sella → nasion → point B

Le point B correspond au point le plus concave de la partie antérieure de la mandibule, entre les incisives inférieures et le menton.

L’angle SNB indique donc la position antéro-postérieure de la mandibule par rapport à la base du crâne.

Une valeur autour de 78 à 80° constitue un ordre de grandeur classique. Dans une étude récente recherchant les valeurs associées à l’attractivité maximale, le maximum masculin était situé à environ 79,2°.

Un SNB plus faible indique une mandibule relativement reculée.

Un SNB plus élevé indique une mandibule davantage projetée.

Cette mesure nécessite cependant une téléradiographie et ne peut pas être reproduite correctement sur une simple photographie.

c. Projection du menton

Sur une photographie de profil, le pogonion permet d’observer directement la projection du menton.

Un menton reculé crée une discontinuité entre le corps mandibulaire et l’avant du visage. À l’inverse, un menton suffisamment projeté prolonge la direction du corps mandibulaire.

Les études où la position mandibulaire est artificiellement avancée ou reculée retrouvent généralement une préférence pour une position proche de la relation squelettique normale, les fortes rétrognathies comme les fortes prognathies réduisant l’attractivité. Dans une étude, un SNB de 78° était le profil le mieux évalué.

La projection du menton ne doit donc pas être maximisée indépendamment du reste du visage.

8. La forme du menton

a. Hauteur du menton

La hauteur visible du menton peut être mesurée depuis la ligne de fermeture des lèvres jusqu’au menton :

stomion → menton

Cette mesure est principalement interprétée avec le chin-to-philtrum ratio décrit plus haut.

Chez l’homme, un menton relativement haut augmente la hauteur et la présence du tiers inférieur. Un menton court rend la partie antérieure du bas du visage plus compacte.

La plage de 2,05 à 2,55 pour le rapport bouche-menton / base du nez-bouche constitue un repère pratique, avec une grande variation possible autour de cette valeur.

b. Largeur du menton

La largeur du menton doit être distinguée de la largeur de la mâchoire.

On mesure la partie transversale relativement plate ou angulaire du menton, d’un bord latéral à l’autre, avant que le contour ne remonte vers les côtés de la mandibule.

Il n’existe pas de ratio aussi stable que pour la largeur bigoniale.

Certaines références utilisent un menton proche de la largeur de la bouche, tandis que d’autres retiennent un menton légèrement plus étroit. Les discussions consacrées à cette mesure montrent d’ailleurs des propositions sensiblement différentes.

Il est donc préférable de conserver ici une règle de proportion : le menton masculin ne doit être ni très étroit et pointu, ni aussi large que toute la partie centrale de la mâchoire.

Sa forme est généralement plus carrée ou légèrement trapézoïdale que triangulaire.

c. Mentolabial angle

Le mentolabial angle correspond à l’angle entre la lèvre inférieure et le début de la projection du menton.

Sur un profil, on trace une ligne tangentielle à la lèvre inférieure puis une autre suivant la partie antérieure du menton. L’angle formé autour du sillon labio-mentonnier constitue le mentolabial angle.

Une étude où cet angle a été modifié de 84 à 162° a trouvé les meilleures évaluations autour de :

107 à 118°.

Une plage plus large de 108 à 130° est souvent utilisée comme référence photographique.

Un angle faible correspond à un sillon labio-mentonnier profond et très marqué.

Un angle élevé correspond à une transition plus plate entre la lèvre et le menton.

9. Le contour sous la mâchoire

a. Angle cervico-mentonnier

La netteté de la mâchoire dépend également de ce qui se trouve sous elle.

L’angle cervico-mentonnier se forme entre la ligne sous le menton et la ligne antérieure du cou.

On trace approximativement :

menton → point de rupture sous-mandibulaire

puis :

ce point → partie antérieure du cou

Une zone autour de 90 à 110° est généralement considérée comme nette. Les références photographiques utilisent souvent environ 91 à 110°.

Un angle plus ouvert produit une transition moins nette entre le menton et le cou.

Cette caractéristique dépend fortement de la graisse sous-mentonnière, de la peau, de la position de l’os hyoïde et de la posture. Elle ne renseigne donc pas directement sur la qualité osseuse de la mandibule.

b. Définition de l’angle mandibulaire

La visibilité du gonion dépend également de l’épaisseur des tissus qui le recouvrent.

Dans l’étude consacrée à l’angle mandibulaire masculin, 74 % des répondants considéraient un angle caché par les tissus mous comme moins esthétique. Le contour préféré restait visible depuis la région de l’oreille jusqu’au menton et possédait une courbure nette mais non pointue.

Une mandibule osseuse favorable peut donc sembler beaucoup moins définie lorsque son contour est masqué par les tissus sous-mandibulaires.

10. La forme générale recherchée

a. De face

De face, une mâchoire masculine bien développée conserve une largeur importante jusqu’aux gonions puis se resserre progressivement vers le menton.

La largeur bigoniale représente généralement environ 85 à 92 % de la largeur bizygomatique, avec environ 90 % comme valeur centrale particulièrement solide.

Le Jaw Frontal Angle se situe autour de 85 à 95°, ce qui évite aussi bien une forte forme en V qu’une mandibule complètement rectangulaire.

Les gonions se trouvent relativement bas et restent visibles latéralement. Le menton possède suffisamment de hauteur et de largeur pour terminer le contour sans devenir pointu.

b. De profil

De profil, le ramus est relativement long et proche de la verticale. Son bord postérieur forme approximativement 65 à 75° avec le plan de Francfort.

Le corps mandibulaire conserve une direction relativement horizontale. Un FMA autour de 15 à 22° correspond à la zone basse fréquemment recherchée pour ce type de mâchoire, tandis que 22 à 28° représente davantage la norme céphalométrique générale.

Le gonial angle reste suffisamment fermé pour créer un angle net, sans devenir excessivement aigu. Sur photographie, environ 115 à 125° constitue un bon repère pratique. Sur mesure céphalométrique, des valeurs autour de 125 à 130° sont parfaitement cohérentes.

Le menton possède une projection suffisante pour continuer le corps mandibulaire vers l’avant, sans prognathisme marqué.

c. Dans l’ensemble du visage

La largeur, la hauteur et la projection doivent fonctionner ensemble.

Une mâchoire très large associée à un menton court peut sembler massive mais mal proportionnée. Un gonial angle très faible avec un ramus court ne donne pas nécessairement une belle mâchoire. Une mandibule très projetée vers l’avant peut également devenir déséquilibrée si le maxillaire ne suit pas.

La caractéristique générale recherchée est donc une mandibule large de face, assez horizontale de profil, possédant un ramus suffisamment long et un menton suffisamment haut et projeté.

11. Les principales mesures

a. Largeur bigoniale

Mesure : largeur gonion gauche → gonion droit ÷ largeur pommette gauche → pommette droite

Repère : 0,85 à 0,92

Valeur centrale : environ 0,90

Vers 1,00 : mâchoire presque aussi large que les pommettes

b. Jaw Frontal Angle

Mesure : angle entre les deux lignes suivant le bord mandibulaire depuis chaque gonion vers le menton

Repère : 85 à 95°

Valeur centrale : environ 90°

Sous 85° : convergence forte, mâchoire davantage en V

Au-dessus de 95° : convergence faible, mâchoire plus carrée

c. Tiers inférieur

Mesure : hauteur subnasale → menton ÷ hauteur totale ligne capillaire → menton × 100

Repère masculin : environ 34 à 37 %

d. Chin-to-philtrum ratio

Mesure : hauteur ligne de fermeture des lèvres → menton ÷ hauteur subnasale → ligne de fermeture des lèvres

Repère : environ 2,05 à 2,55

Valeur centrale utile : environ 2,3 à 2,5

e. Gonial angle photographique

Mesure : angle entre la ligne suivant le bord postérieur du ramus et la ligne suivant le bord inférieur de la mandibule vers le menton

Repère photographique : environ 115 à 125°

Valeur céphalométrique de référence : environ 123 à 137°

Valeur préférée dans une étude esthétique masculine : environ 130°

f. Mandibular Plane Angle

Mesure : angle entre le plan de Francfort porion → orbitale et le plan mandibulaire gonion → gnathion

Repère esthétique à orientation horizontale : environ 15 à 22°

Norme céphalométrique : environ 22 à 28°, ou approximativement 25 ± 5°

Sous 20° : low-angle

Au-dessus de 28-30° : high-angle

g. Inclinaison du ramus

Mesure : angle entre le bord postérieur du ramus et le plan de Francfort

Repère : environ 65 à 75°

Équivalent : environ 15 à 25° par rapport à la verticale

h. Ramus-to-mandible ratio photographique

Mesure : hauteur visible du ramus gonion → partie supérieure du ramus ÷ longueur du corps mandibulaire gonion → pogonion

Repère photographique : environ 0,59 à 0,78

Valeur centrale utile : environ 0,65 à 0,75

Cette mesure ne doit pas être comparée directement au ratio céphalométrique Co-Go / Go-Pog.

i. Projection mandibulaire SNB

Mesure : angle sella → nasion → point B sur téléradiographie

Repère : environ 78 à 80°

Valeur d’attractivité maximale trouvée dans une étude masculine récente : environ 79,2°

j. Mentolabial angle

Mesure : angle entre la tangente de la lèvre inférieure et la tangente de la partie antérieure du menton

Repère : environ 107 à 118°

Zone plus large utilisable : environ 108 à 130°

k. Angle cervico-mentonnier

Mesure : angle entre la ligne sous le menton et la ligne antérieure du cou

Repère : environ 90 à 110°

12. Les mesures les plus utiles

Pour décrire rapidement une mâchoire, les paramètres les plus utiles sont la largeur bigoniale, le Jaw Frontal Angle, le gonial angle, le Mandibular Plane Angle, la hauteur du ramus, la projection du menton et la hauteur du tiers inférieur.

Un ensemble proche de :

largeur bigoniale / bizygomatique : environ 0,90

Jaw Frontal Angle : environ 90°

tiers inférieur : environ 34 à 37 %

chin-to-philtrum : environ 2,3 à 2,5

gonial angle photographique : environ 115 à 125°

Mandibular Plane Angle : environ 15 à 22°

inclinaison du ramus : environ 65 à 75° par rapport au plan de Francfort

ramus-to-mandible photographique : environ 0,65 à 0,75

SNB : environ 78 à 80°

mentolabial angle : environ 107 à 118°

décrit une mandibule relativement large, angulaire, peu inclinée vers le bas, possédant un ramus développé et une bonne projection antérieure.

- Victor Billot Bonnafoux

Sources

Les références de cette fiche restent à compléter.


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