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Pourquoi les dents sont-elles jaunes ?
Une dent n’est pas naturellement blanche comme une feuille de papier. L’émail est translucide et laisse apparaître une partie de la dentine située dessous, qui est plus jaune. Avec l’âge, l’émail devient aussi plus translucide et la couleur de la dentine devient plus visible.
Il faut ensuite distinguer deux types de coloration. Les taches extrinsèques se déposent à la surface : café, thé, vin, tabac et autres pigments. Elles peuvent être réduites par le brossage, un détartrage-polissage ou des dentifrices abrasifs. Les colorations intrinsèques se trouvent dans l’émail ou la dentine. Pour les éclaircir, il faut une réaction chimique : le blanchiment au peroxyde.
C’est une distinction importante. Une dent peut être parfaitement propre et rester jaune.
Comment fonctionne le blanchiment ?
Le peroxyde d’hydrogène est un oxydant. Sa petite taille lui permet de diffuser à travers les espaces de l’émail puis dans la dentine. Il génère des espèces réactives de l’oxygène qui réagissent avec les chromophores, les molécules responsables d’une partie de la coloration de la dent. Leur structure chimique change et elles absorbent moins la lumière visible. La dent paraît alors plus claire.
Le blanchiment n’enlève donc pas une couche jaune pour découvrir une couche blanche. Il modifie chimiquement les molécules colorées présentes dans les tissus dentaires.
C’est aussi pour cela qu’un simple polissage ne peut pas produire le même résultat : il agit à la surface, alors que le peroxyde diffuse dans la dent.
Quelle différence entre peroxyde d’hydrogène et peroxyde de carbamide ?
Les deux fonctionnent par le même mécanisme final.
Le peroxyde d’hydrogène agit directement. Le peroxyde de carbamide se décompose et libère du peroxyde d’hydrogène. Environ un tiers de la concentration de carbamide correspond au peroxyde d’hydrogène libéré : un gel à 10 % de peroxyde de carbamide fournit donc environ 3 à 3,5 % de peroxyde d’hydrogène.
Le carbamide libère le peroxyde plus lentement et se prête bien aux gouttières portées longtemps. Le peroxyde d’hydrogène agit plus vite et est fréquent dans les bandes et les traitements courts.
Comment blanchir ses dents ?
Il existe trois approches : bandes, gouttières et traitement au cabinet.
Les bandes maintiennent un gel au peroxyde contre les dents pendant une durée définie. Elles sont simples mais épousent moins bien certaines zones.
Les gouttières maintiennent le gel autour des dents et permettent des applications répétées. Les gouttières réalisées par un dentiste limitent aussi les débordements sur les gencives.
Le blanchiment au cabinet utilise un gel appliqué après protection des gencives. L’avantage est la vitesse et le contrôle du traitement. Cela ne signifie pas qu’une concentration maximale donne un meilleur résultat final : des concentrations plus faibles peuvent produire un blanchiment proche avec moins de sensibilité lorsqu’on adapte la durée ou le nombre de séances.
Plus le pourcentage est élevé, plus les dents deviennent-elles blanches ?
Pas nécessairement.
Une forte concentration accélère la réaction, mais augmente aussi l’exposition de la dent au peroxyde. Les essais cliniques montrent que des concentrations élevées augmentent la fréquence ou l’intensité de la sensibilité, alors que des concentrations plus faibles peuvent atteindre un résultat proche avec davantage de temps.
Il vaut donc mieux penser en dose totale : concentration × durée × nombre d’applications.
Mettre un produit plus concentré ou le laisser deux fois plus longtemps que prévu n’est pas une méthode pour doubler le résultat.
Pourquoi le blanchiment rend-il les dents sensibles ?
Le peroxyde ne reste pas uniquement à la surface. Il traverse l’émail et la dentine et peut atteindre les tissus proches de la pulpe. Cette diffusion peut déclencher une réponse inflammatoire transitoire et rendre les dents sensibles au froid, à l’air ou aux aliments.
La sensibilité est l’effet indésirable le plus fréquent du blanchiment. Elle disparaît en général après la fin ou l’espacement des applications. Elle augmente avec la concentration et l’exposition.
Si elle devient importante, espacez les applications au lieu d’augmenter encore la dose.
Les LED blanchissent-elles les dents ?
Le blanchiment vient du peroxyde, pas de la lumière.
Certaines techniques utilisent une LED, un laser ou une autre source lumineuse pour accélérer la réaction. Les synthèses des essais cliniques ne montrent pas de bénéfice constant de l’activation lumineuse sur le résultat final et certaines trouvent davantage de sensibilité.
Une lampe bleue vendue avec un kit ne transforme donc pas un gel médiocre en traitement puissant.
Lorsqu’un kit « LED » fonctionne, regardez d’abord ce qu’il y a dans le gel.
Pourquoi les dents sont-elles parfois très blanches juste après une séance ?
Parce qu’elles peuvent être déshydratées.
La perte d’eau change les propriétés optiques de l’émail et rend temporairement la dent plus claire. Des études cliniques montrent qu’une déshydratation de quelques minutes suffit à produire une modification perceptible de la couleur, puis la dent reprend une partie de sa couleur lorsqu’elle se réhydrate.
Il ne faut donc pas juger le résultat définitif immédiatement à la sortie d’une séance. Une partie du blanc initial peut disparaître sans que le blanchiment ait « échoué ».
Un dentifrice blanchissant fait-il la même chose ?
Non.
Un dentifrice blanchissant agit en grande partie avec des abrasifs qui éliminent les pigments déposés sur l’émail. Certains contiennent aussi de faibles quantités de peroxyde, mais leur contact avec les dents est court.
Il peut donc faire passer des dents tachées à leur couleur propre. Il ne produit pas le même changement interne qu’un traitement au peroxyde laissé plusieurs minutes ou plusieurs heures.
Voir notre article consacré au dentifrice fluoré.
Et le charbon, le bicarbonate ou le citron ?
Le charbon n’a pas démontré un blanchiment comparable au peroxyde et peut agir par abrasion. L’ADA considère que les données ne démontrent pas un bénéfice de blanchiment avec une sécurité suffisante.
Le bicarbonate peut participer au retrait mécanique de certaines taches, mais il ne remplace pas le peroxyde pour modifier la couleur interne.
Le citron, le vinaigre et les autres acides sont à éviter : attaquer chimiquement l’émail n’est pas du blanchiment.
Toutes les dents blanchissent-elles de la même façon ?
Non. Les colorations jaunes répondent souvent mieux que certaines colorations grises ou liées à la tétracycline. Certaines anomalies de l’émail peuvent aussi devenir plus visibles lorsque le reste de la dent blanchit.
Une dent isolée devenue grise après un traumatisme ou un traitement de canal n’est pas non plus le même problème qu’une dentition naturellement jaune. Une dent non vitale peut nécessiter un blanchiment interne réalisé par un dentiste.
Le blanchiment ne doit pas servir à masquer une dent qui change soudainement de couleur sans savoir pourquoi.
Les couronnes et les composites blanchissent-ils ?
Non. Le peroxyde change la couleur des tissus dentaires naturels, pas celle des couronnes, facettes, implants ou restaurations en composite.
Si une incisive possède un composite parfaitement assorti avant le traitement, les dents peuvent devenir plus claires autour et rendre le composite visible.
C’est un point à regarder avant de blanchir lorsqu’on possède des restaurations sur les dents antérieures.
Jusqu’où faut-il blanchir ?
Cherchez des dents claires, pas artificiellement blanches.
Les canines sont naturellement souvent un peu plus foncées que les incisives. La dentine impose aussi une limite à la couleur que chaque dentition peut atteindre.
Une fois le résultat obtenu, poursuivre les cycles produit des rendements décroissants alors que l’exposition au peroxyde continue.
Le blanc maximal n’est donc pas l’objectif ; le but est d’enlever le jaune qui dégrade le sourire tout en gardant une couleur crédible.
Combien de temps le résultat dure-t-il ?
Le blanchiment n’est pas définitif. Les chromophores peuvent se reformer et de nouvelles colorations de surface s’accumulent avec l’alimentation, les boissons et le tabac. Les essais de blanchiment à domicile montrent néanmoins que l’amélioration peut persister longtemps après le traitement, avec une diminution progressive du résultat.
Il est plus logique de refaire une courte retouche lorsque la couleur baisse que d’effectuer sans arrêt des cycles complets.
Le brossage, l’entretien interdentaire et le contrôle des taches gardent aussi les dents proches de leur couleur obtenue. Voir notre article consacré au brossage des dents.
Quelles sont les règles en France et dans l’Union européenne ?
La réglementation européenne distingue les produits selon la quantité de peroxyde d’hydrogène présente ou libérée. Jusqu’à 0,1 %, ils peuvent relever des produits buccaux accessibles au consommateur. Entre plus de 0,1 % et 6 %, les produits de blanchiment doivent être vendus aux praticiens dentaires ; la première utilisation de chaque cycle doit être réalisée par le dentiste ou sous sa supervision, puis le produit peut être fourni au patient pour terminer le cycle. Ils ne doivent pas être utilisés chez les moins de 18 ans.
Cela explique pourquoi les concentrations et produits disponibles en France ne sont pas les mêmes que ceux vendus directement au public aux États-Unis.
Quelle méthode retenir ?
Commencez avec des dents propres : plaque et tartre ne doivent pas être confondus avec leur couleur naturelle. Voir notre article consacré au brossage des dents.
Si vous voulez réellement modifier leur teinte, utilisez un traitement au peroxyde plutôt qu’un produit qui se contente de polir la surface. Une concentration modérée répétée sur plusieurs jours offre un bon compromis entre blanchiment et sensibilité. Les traitements professionnels permettent d’utiliser les produits prévus dans le cadre européen et d’adapter le protocole à la dentition.
Ne cherchez pas la concentration maximale, ne rallongez pas arbitrairement le temps d’application et ne payez pas un supplément uniquement pour une lampe LED. Le principe actif qui compte est le peroxyde.