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Pourquoi entraîner les masséters ?
Les masséters sont deux muscles épais placés sur les côtés de la mandibule. Ils servent principalement à fermer la mâchoire et participent fortement à la force de morsure. Vous pouvez facilement les sentir en plaçant les doigts devant les angles de votre mâchoire puis en serrant brièvement les dents.
Leur volume participe directement à l’apparence du tiers inférieur du visage. Des masséters plus développés peuvent élargir la mâchoire, accentuer son aspect carré et donner davantage de présence aux angles mandibulaires. C’est surtout intéressant sur un visage dont le bas paraît relativement étroit. À l’inverse, si votre visage est déjà très large ou massif, développer davantage ces muscles n’est pas forcément esthétique.
Les masséters sont bien des muscles squelettiques capables de s’adapter à une résistance. Des études utilisant des exercices de fermeture de la mâchoire contre résistance ont montré des gains de force et, dans certaines populations, une augmentation de leur épaisseur. Les études directement consacrées à l’hypertrophie esthétique chez de jeunes hommes restent cependant limitées.
Ce qui marche : les gommes d’entraînement
Les gommes d’entraînement sont de petits blocs élastiques placés entre les molaires puis comprimés en fermant la mâchoire. Elles fonctionnent beaucoup plus comme un exercice musculaire classique que comme de la mastication : vous appliquez une résistance, réalisez une répétition, relâchez puis recommencez.
C’est l’option la plus intéressante pour rechercher une hypertrophie des masséters, car elle permet de contrôler ce qui compte réellement dans un entraînement : la résistance, les répétitions, les séries et la progression. Des travaux sur l’entraînement isométrique de la mâchoire montrent qu’une fermeture contre résistance peut augmenter la force des muscles masticateurs et, dans certaines conditions, leur épaisseur.
Pour commencer, choisissez une résistance modérée. Une base simple peut être 2 à 3 séries de 10 à 20 répétitions, 2 à 3 fois par semaine, avec un mouvement lent et contrôlé. Ce n’est pas un protocole d’hypertrophie définitivement établi par la recherche, mais une manière raisonnable d’appliquer les principes classiques de l’entraînement en résistance aux masséters.
Lorsque toutes les répétitions deviennent faciles, augmentez progressivement la résistance plutôt que de multiplier les séries interminables. Une gomme suffisamment résistante pour rendre les dernières répétitions difficiles est plus intéressante qu’une gomme molle comprimée des centaines de fois.
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Ce qui marche peu : le chewing-gum
Le chewing-gum fait évidemment travailler les masséters, mais cela ne signifie pas qu’il soit particulièrement efficace pour les faire grossir. Il produit surtout énormément de contractions avec une résistance relativement faible.
Une étude randomisée menée pendant six mois chez des adultes en bonne santé a montré que l’entraînement au chewing-gum augmentait la force de morsure, mais sans augmentation significative de l’épaisseur des masséters ni modification de la forme mandibulaire. Le muscle devient donc potentiellement plus performant sans devenir visiblement plus gros.
Le chewing-gum classique peut rester un complément si vous aimez mâcher, mais il n’a pas besoin d’être considéré comme un exercice principal.
Les chewing-gums vendus spécifiquement pour entraîner la mâchoire sont généralement simplement plus durs. La résistance supplémentaire augmente effectivement l’activité des masséters, mais le principe reste le même : beaucoup de répétitions, une résistance peu précise et une gomme qui se ramollit progressivement. Ils sont donc plus exigeants qu’un chewing-gum ordinaire sans devenir pour autant l’équivalent d’un véritable exercice contre résistance.
En pratique : chewing-gum classique = faible stimulation ; chewing-gum très dur = davantage de stimulation mais intérêt limité ; gommes de résistance = option la plus cohérente pour l’hypertrophie.
Le masséter reste un muscle à entraîner
Le masséter est un muscle squelettique : pour le développer, il faut donc raisonner comme pour les autres muscles en recherchant une résistance suffisante, des séries limitées, une fatigue musculaire et une progression dans le temps, plutôt qu’en accumulant simplement des mouvements faciles.
C’est précisément la limite du chewing-gum. Même lorsqu’il est assez dur, il permet généralement de réaliser énormément de mouvements avec une résistance relativement faible. Cela se rapproche davantage d’un travail d’endurance que d’un entraînement destiné à maximiser l’hypertrophie. Une étude menée pendant six mois chez des adultes en bonne santé illustre bien cette différence : l’entraînement au chewing-gum a amélioré la force de morsure, mais sans augmentation significative de l’épaisseur des masséters.
À l’inverse, un travail de fermeture de la mâchoire contre une résistance importante peut produire des adaptations du masséter, et des exercices isométriques contre résistance ont déjà entraîné une augmentation de son épaisseur dans certaines études.
C’est ce qui rend les gommes d’entraînement plus intéressantes pour un objectif esthétique : elles permettent de traiter le masséter davantage comme un muscle que l’on cherche à développer, avec une résistance suffisamment élevée, un nombre raisonnable de répétitions et une difficulté progressivement croissante.
Il n’existe cependant pas encore assez de recherches pour fixer une plage de répétitions « optimale » propre aux masséters. Le principe est donc celui d’un entraînement musculaire classique ; les 10 à 20 répétitions proposées dans cet article constituent une base pratique, pas une règle physiologique spécifique à la mâchoire.
Comment bien utiliser les gommes ?
Placez les gommes au niveau des molaires selon les instructions du modèle, puis fermez progressivement la mâchoire pour les comprimer. Relâchez ensuite de manière contrôlée. Le mouvement ne doit pas consister à claquer les dents rapidement sur la gomme.
Travaillez les deux côtés de manière équilibrée. Avec deux gommes indépendantes, utilisez une résistance comparable à droite et à gauche. Si le dispositif permet de travailler les deux côtés simultanément, c’est encore plus simple.
La progression doit surtout venir de la résistance. Lorsque votre niveau actuel devient facile, passez à une gomme légèrement plus ferme. Vous pouvez également ajouter quelques répétitions ou une série, mais il n’est pas nécessaire de transformer l’entraînement en séance d’endurance.
L’échec musculaire complet n’est pas nécessaire. Les dernières répétitions peuvent être difficiles, mais l’objectif reste de produire une fatigue musculaire contrôlée. La mâchoire implique aussi les dents et les articulations : une résistance extrême n’apporte aucun avantage évident.
Ce qu’il ne faut pas faire
- Serrer les dents toute la journée : non. Le fait que les masséters se contractent lorsque vous serrez la mâchoire ne transforme pas cette habitude en bon programme d’entraînement. Vous accumulez surtout énormément de tension sans contrôler correctement la charge ou la récupération.
- Mâcher pendant plusieurs heures : non. Si votre but est l’hypertrophie, augmenter indéfiniment la durée de mastication revient surtout à travailler l’endurance.
- Prendre directement la gomme la plus dure : non. Une résistance progressive est plus intéressante qu’une gomme sur laquelle vous êtes obligé de mordre de toutes vos forces dès la première répétition.
En dehors des séances, gardez simplement la mâchoire détendue. Cela reste compatible avec le mewing, qui concerne avant tout la posture de la langue et non une contraction permanente des masséters.
Quel résultat attendre ?
Le principal changement recherché est une augmentation du volume musculaire sur les côtés de la mandibule. Cela peut donner un bas du visage plus large et plus carré, mais ne modifie pas directement la structure osseuse de la mâchoire.
Le résultat dépend donc beaucoup de votre morphologie de départ. Sur un visage assez étroit, un peu de volume supplémentaire peut être avantageux. Sur un visage déjà large, l’intérêt devient rapidement faible.
Ne jugez pas les résultats après quelques jours. Comme pour les autres muscles, les changements éventuels se mesurent sur plusieurs semaines ou plusieurs mois. La force peut progresser bien avant que le volume ne devienne visible.
Une photographie de face prise avant de commencer, puis plusieurs mois plus tard dans les mêmes conditions, est largement plus utile que de chercher une différence quotidienne dans le miroir.