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Poils (Visage)

S.14Mis à jour le

Histoire

Un visage soigné n’a pas toujours été un visage rasé, ni un visage aux sourcils bien séparés. Selon l’époque et le milieu, garder, dessiner ou supprimer les poils pouvait exprimer l’élégance, la maturité ou l’appartenance sociale. Ces modes sont surtout documentées pour la barbe, la moustache et les sourcils ; elles le sont beaucoup moins pour les petits poils du nez et des oreilles.

Au Japon et en Perse, des sourcils très différents

Dans le Japon de l’époque Heian, de 794 à 1185, certaines femmes de la cour retiraient leurs sourcils naturels pour les redessiner plus haut sur le front. Associés au visage poudré de blanc et aux longs cheveux, ces sourcils formaient un ensemble esthétique codifié. Il ne s’agissait donc pas simplement de retirer quelques poils : on changeait délibérément leur place et leur dessin.

Dans la tradition persane décrite par l’Encyclopædia Iranica, les sourcils pouvaient au contraire être foncés par le maquillage, et les poils qui les reliaient étaient conservés. Le monosourcil que beaucoup choisissent aujourd’hui de séparer pouvait participer à un idéal de beauté. Ces exemples concernent des pratiques féminines situées dans leur culture ; ils montrent que l’espace entre les sourcils n’a pas toujours été destiné à rester vide.

Au XVIIIe siècle, le visage rasé en Grande-Bretagne

Dans les milieux britanniques attachés à la politesse et à l’élégance, le visage rasé prend une place importante au XVIIIe siècle. L’historien Alun Withey décrit une pilosité faciale devenue peu à la mode autour de 1700. Se raser participe alors à la présentation d’un homme respectable : le visage lisse est un choix social autant qu’une habitude de toilette.

Au XIXe siècle, le retour des favoris et des moustaches

Au début du XIXe siècle, les favoris reviennent sur les joues de jeunes Britanniques et suscitent des débats sur ce qu’un homme élégant peut porter. Leur forme et leur emplacement comptent : garder des poils sur les côtés du visage ne signifie pas nécessairement laisser pousser toute la barbe. La mode transforme ainsi les contours mêmes que l’on choisit aujourd’hui de tondre ou de raser.

La pilosité devient ensuite particulièrement visible dans les portraits victoriens. Le Victoria and Albert Museum souligne l’essor de la barbe après la guerre de Crimée, de 1853 à 1856, durant laquelle les soldats britanniques avaient été autorisés à la porter. Moustaches et barbes pouvaient évoquer la virilité et le prestige ; les portraits de Tennyson et de Darwin témoignent de cette place dans l’apparence publique.

Choisir les contours que l’on veut garder

Ces changements de mode expliquent pourquoi le même poil peut être conservé dans un style et supprimé dans un autre. Des favoris dessinés font partie d’une coupe ; quelques poils isolés au-dessus de la barbe peuvent en brouiller le contour. Pour l’entretien proposé ici, privilégiez un visage rasé ou une barbe courte, puis retirez les poils qui dépassent du dessin choisi, sans chercher à effacer toute pilosité.

Sources

  1. Japan Cosmetic Industry Association — Histoire culturelle des cosmétiques (nouvel onglet)
  2. Encyclopædia Iranica — Cosmétiques et sourcils dans la tradition persane (nouvel onglet)
  3. Alun Withey — Favoris et masculinité en Grande-Bretagne au début du XIXe siècle (nouvel onglet)
  4. Victoria and Albert Museum — Pilosité et portraits masculins victoriens (nouvel onglet)

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