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Arrêter l’alcool

NutritionPeau et globalitéImpact5/5
N.119 minMis à jour le

Résumé

L’alcool apporte environ 7 kcal par gramme et favorise facilement un excès calorique. Consommé régulièrement, il dégrade le sommeil, la récupération et complique le maintien d’un faible taux de graisse.

  • Ses effets se voient aussi sur le physique : visage plus rouge ou gonflé, fatigue plus marquée et récupération musculaire réduite. À fortes doses, il freine la synthèse musculaire et perturbe la production de testostérone. Sur le long terme, il augmente également les risques pour le foie, le système cardiovasculaire et plusieurs cancers.
  • Réduire l’alcool améliore surtout les choses lorsque la consommation est régulière
  • Arrêter peut améliorer le sommeil, le poids, la récupération et l’apparence du visage
  • Plus la consommation est importante, plus les bénéfices de l’arrêt sont visibles
  • En cas de forte consommation quotidienne, le sevrage doit être encadré médicalement

Article complet

Effets métaboliques de l’alcool

Après ingestion, l’éthanol passe rapidement dans le sang avant d’être principalement métabolisé par le foie. Il est d’abord transformé en acétaldéhyde, une molécule toxique, puis en acétate. Pendant ce processus, l’organisme donne temporairement la priorité à l’élimination de l’alcool, ce qui modifie l’utilisation des autres sources d’énergie.

L’alcool n’est pas du sucre. L’éthanol est une molécule différente des glucides, mais il apporte environ 7 kcal par gramme, contre environ 4 kcal pour les glucides et les protéines. Un spiritueux sans sucre reste donc calorique. La bière, le vin, les liqueurs et surtout les cocktails peuvent en plus ajouter des glucides ou du sucre aux calories déjà apportées par l’éthanol.

Sur le plan de la santé, réduire la consommation diminue les risques associés à l’alcool. Il n’existe notamment pas de quantité d’alcool pouvant être considérée comme totalement sans risque.

Quels sont les effets indésirables de l’alcool ?

Une consommation régulière d’alcool peut affecter plusieurs fonctions de l’organisme. Le foie est particulièrement exposé puisqu’il assure l’essentiel de son métabolisme. Une consommation importante et répétée peut entraîner une accumulation de graisse dans le foie, puis favoriser une inflammation, une fibrose et, dans les formes les plus avancées, une cirrhose.

L’alcool augmente également le risque de plusieurs cancers et peut contribuer, avec le temps, à une élévation de la pression artérielle ainsi qu’à différentes atteintes cardiovasculaires. Une consommation chronique importante peut aussi perturber le fonctionnement hormonal, le système nerveux et l’état nutritionnel.

Ses effets deviennent également visibles sur le physique en favorisant la prise de graisse, en dégradant la récupération, provoque certaines rougeurs du visage et contribue à une apparence globalement plus fatiguée. Une partie de ces changements est indirecte et passe notamment par le sommeil, l’alimentation et les modifications du métabolisme.

À court terme, les effets sont généralement plus transitoires. L’alcool augmente la production d’urine, dilate les vaisseaux sanguins et perturbe le sommeil. Après une consommation importante, cela peut se traduire par un visage plus rouge ou gonflé, une fatigue accrue et des variations de l’hydratation. Ces manifestations disparaissent généralement beaucoup plus rapidement que les effets liés à une consommation régulière.

Quels sont les effets de l’alcool sur le sommeil et le métabolisme ?

L’alcool peut donner l’impression de faciliter l’endormissement, mais cet effet initial s’accompagne ensuite d’une dégradation de la qualité du sommeil. Celui-ci devient plus fragmenté, les réveils peuvent être plus fréquents et certains troubles respiratoires nocturnes peuvent être aggravés.

Lorsque cette perturbation se répète, elle peut réduire la récupération et se répercuter sur l’apparence : fatigue plus visible, regard marqué ou cernes davantage prononcés. Elle peut également limiter la récupération après l’entraînement.

L’alcool modifie aussi temporairement le métabolisme énergétique. Comme l’organisme donne la priorité à l’élimination de l’éthanol, l’utilisation des graisses comme source d’énergie diminue pendant plusieurs heures. Ses calories rassasient relativement peu et viennent souvent s’ajouter aux repas plutôt que les remplacer. La consommation d’alcool peut également augmenter l’apport alimentaire ou favoriser des choix plus caloriques.

L’alcool ne se transforme donc pas directement en graisse, et la prise de poids dépend toujours du bilan énergétique global. Une consommation fréquente peut néanmoins faciliter un excès calorique et rendre plus difficile le maintien d’un faible taux de graisse corporelle.

À fortes doses, l’alcool peut aussi freiner la construction musculaire. Des études réalisées après l’entraînement montrent qu’une consommation importante réduit la synthèse des protéines musculaires, y compris lorsque des protéines sont consommées en parallèle. Boire beaucoup après une séance va donc à l’encontre des adaptations recherchées avec la musculation.

Enfin, son effet sur la testostérone dépend de la quantité consommée et de la fréquence. Une consommation ponctuelle et faible ne provoque pas nécessairement de diminution significative, tandis que des prises importantes ou répétées peuvent perturber la production hormonale masculine.

Que se passe-t-il quand on arrête l’alcool ?

Les changements observés après l’arrêt dépendent fortement de la consommation de départ. Une personne qui buvait rarement remarquera probablement peu de différence. Chez quelqu’un qui consommait régulièrement, certains effets peuvent au contraire apparaître en quelques jours ou quelques semaines.

Le sommeil peut s’améliorer lorsque l’alcool ne vient plus le perturber. La diminution des calories consommées peut également faciliter une perte de poids, à condition qu’elles ne soient pas compensées par d’autres aliments ou boissons.

Une étude menée chez des consommateurs réguliers sans dépendance a observé, après un mois d’abstinence, une diminution du poids et de la pression artérielle ainsi qu’une amélioration de plusieurs marqueurs métaboliques et hépatiques.

Sur le visage, les changements sont plus variables. La diminution des rougeurs peut être rapide chez les personnes sensibles à l’alcool. Une meilleure qualité de sommeil et la disparition des soirées accompagnées de repas très salés ou caloriques peuvent aussi réduire l’aspect fatigué ou gonflé. Les modifications liées à une perte de graisse demandent davantage de temps.

Il n’existe donc pas de calendrier universel du type « sept jours pour améliorer la peau » ou « trente jours pour transformer le visage ». Plus la consommation initiale était importante, plus l’arrêt est susceptible de produire une différence perceptible.

Réduire VS arrêter l’alcool

La quantité totale d’éthanol compte davantage que le type de boisson. Le vin rouge n’échappe pas à cette règle : il contient le même éthanol que les autres boissons alcoolisées. Ses polyphénols peuvent par ailleurs être obtenus par l’alimentation sans avoir à consommer d’alcool.

La bière n’est pas non plus nécessairement meilleure ou pire qu’un spiritueux. Tout dépend de la quantité réellement consommée. Un spiritueux pur apporte peu de glucides mais reste calorique à cause de l’éthanol. Une bière apporte généralement aussi des glucides, tandis que les cocktails peuvent associer alcool, jus, sodas, sirops ou liqueurs et devenir rapidement très caloriques.

Dans une logique d’amélioration physique, ne pas boire permet simplement d’éviter les effets de l’alcool. Il faut toutefois garder les proportions : la différence entre aucune consommation et un verre occasionnel reste faible par rapport à celle qui sépare l’abstinence de plusieurs consommations chaque semaine.

Réduire peut donc déjà apporter une grande partie du bénéfice chez quelqu’un qui boit régulièrement. Arrêter complètement supprime ensuite le facteur.

Comment arrêter l’alcool plus facilement ?

Pour une consommation occasionnelle, arrêter repose surtout sur une modification des habitudes. Ne pas conserver d’alcool chez soi réduit les occasions de boire. En sortie, choisir directement une boisson sans alcool peut également éviter qu’un premier verre n’en entraîne plusieurs.

Il peut aussi être utile d’identifier la fonction que remplit l’alcool : goût, habitude sociale, récompense ou recherche de l’ivresse. La meilleure solution dépend alors de ce besoin. Lorsqu’il s’agit surtout du geste ou de l’habitude, une eau gazeuse, une boisson sans sucre ou une alternative sans alcool peut suffire.

En revanche, une personne qui boit beaucoup et régulièrement ne doit pas nécessairement arrêter brutalement seule. Une dépendance physique peut provoquer un syndrome de sevrage avec tremblements, transpiration, agitation, nausées, hallucinations ou convulsions. Les formes sévères peuvent être dangereuses.

Si des symptômes apparaissent lorsque l’alcool est arrêté ou simplement retardé, l’arrêt doit être préparé avec un professionnel de santé.

À retenir

L’alcool apporte des calories sans intérêt particulier pour l’amélioration physique. Une consommation régulière peut faciliter la prise de graisse, perturber le sommeil, modifier l’apparence du visage et réduire la récupération musculaire. À doses élevées ou sur une longue période, ses effets deviennent plus importants sur les muscles, les hormones, le foie et la santé générale.

Arrêter l’alcool n’entraîne pas automatiquement une transformation physique. Son intérêt dépend surtout de la quantité consommée auparavant. Plus cette consommation était régulière, plus sa suppression peut avoir un effet visible sur le poids, le sommeil, la récupération et l’apparence.

- Victor Billot Bonnafoux

Sources

  1. WHO Europe - No level of alcohol consumption is safe for our health (nouvel onglet)


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