Arrêter l’alcool

Fonctionnement

L’éthanol compte dans toutes les boissons alcoolisées

Après ingestion, l’éthanol passe dans le sang et est principalement métabolisé par le foie. Ses effets dépendent notamment de la quantité, de la vitesse de consommation et du contexte. Le vin rouge ne possède pas un éthanol différent de celui des spiritueux. Les polyphénols présents dans certaines boissons ne neutralisent pas les effets de l’alcool et peuvent aussi être apportés par des aliments.

Des calories qui peuvent s’ajouter aux repas

L’éthanol apporte environ 7 kcal par gramme : une boisson sans sucre peut donc rester calorique. Les cocktails et certaines autres boissons ajoutent encore du sucre à cet apport. Arrêter peut faciliter un déficit énergétique si ces calories ne sont pas remplacées ailleurs. Cela ne garantit pas de maigrir : le bilan alimentaire global reste déterminant, et les variations rapides de poids ne représentent pas toutes de la graisse.

S’endormir plus vite ne signifie pas mieux dormir

L’alcool peut favoriser une somnolence initiale tout en modifiant la suite de la nuit. Une méta-analyse récente retrouve notamment une diminution du sommeil paradoxal, y compris avec de faibles doses dans les études incluses. La dose et les horaires influencent les effets. Utiliser l’alcool pour dormir risque donc de confondre l’endormissement avec une nuit réparatrice et de renforcer une habitude difficile à maintenir sans boire.

Après l’arrêt, le sommeil peut s’améliorer quand les prises ne viennent plus le perturber. En cas de dépendance, des nuits difficiles peuvent aussi persister au début et demander un accompagnement. Le délai n’est pas identique pour tous. Si le sommeil reste mauvais, recherchez ses autres causes au lieu de conclure que l’alcool était nécessaire pour vous reposer.

La récupération après l’effort

Un essai chez huit hommes actifs observe une diminution de la synthèse des protéines musculaires après l’exercice avec une forte dose d’alcool, même quand des protéines sont consommées. La dose étudiée, 1,5 g d’éthanol par kilogramme, est élevée : ce résultat ne quantifie pas l’effet d’un seul verre. Il montre toutefois pourquoi une grosse consommation après la séance va à l’encontre de la récupération recherchée.

Les effets visibles ne suivent pas un calendrier unique

La dilatation des vaisseaux peut contribuer à des rougeurs pendant la consommation. Les nuits perturbées, les repas associés et les variations d’hydratation peuvent ensuite modifier l’apparence de fatigue. Arrêter retire ce facteur, mais ne traite pas toutes les causes de rougeurs, de cernes ou de gonflement. Une perte de graisse éventuelle dépend d’autres changements et prend généralement plus de temps qu’une variation d’eau.

Le risque à long terme et la dépendance

L’alcool augmente le risque de plusieurs maladies et de certains cancers. Pour le risque de cancer, aucun seuil de consommation totalement sans risque n’est établi. Réduire une forte consommation représente déjà un progrès, tandis que l’arrêt supprime l’exposition liée aux boissons alcoolisées. Les risques et bénéfices doivent être distingués de l’idée qu’un verre isolé provoquerait nécessairement une maladie chez chaque personne.

Avec une consommation répétée, le système nerveux peut s’adapter à la présence d’alcool. Chez une personne physiquement dépendante, sa diminution brutale peut provoquer un syndrome de sevrage, parfois sévère. Cette adaptation explique pourquoi l’arrêt doit alors être préparé médicalement. Elle ne signifie pas que la personne manque de volonté : l’organisation du sevrage fait partie du chemin vers une abstinence durable.

Sources

  1. Alcohol (nouvel onglet)
  2. Alcohol and cancer (nouvel onglet)
  3. Sevrage : ce qu'il faut savoir pour mieux vous préparer | Alcool Info Service (nouvel onglet)
  4. The effect of alcohol on subsequent sleep in healthy adults: A systematic review and meta-analysis (nouvel onglet)
  5. Alcohol ingestion impairs maximal post-exercise rates of myofibrillar protein synthesis following a single bout of concurrent training (nouvel onglet)
  6. Effets immédiats d’une consommation d'alcool (nouvel onglet)
  7. Alcool : définition et repères de consommation (nouvel onglet)

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