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La vitamine C par voie cutanée

SoinsPeau et globalitéImpact3/5
S.58 minMis à jour le

Résumé

Appliquée directement sur la peau, la vitamine C agit principalement comme antioxydant. Elle aide à neutraliser une partie des radicaux libres produits notamment par les UV, participe à la synthèse du collagène et peut progressivement atténuer certaines irrégularités de pigmentation. Son intérêt est donc principalement préventif et esthétique : préserver une peau plus homogène et limiter certains signes du photovieillissement.

Pour commencer simplement :

  • Utilisez un sérum à la vitamine C.
  • Commencez avec une concentration modérée.
  • Appliquez le sérum après le nettoyage.
  • Terminez le matin par une protection solaire.
  • Gardez le produit à l’abri de la lumière.

La vitamine C complète particulièrement bien la protection solaire : elle ne bloque pas les UV, mais peut neutraliser une partie des espèces réactives produites malgré la protection. Elle ne remplace donc jamais une crème solaire.


Article complet

Pourquoi appliquer de la vitamine C sur la peau ?

La vitamine C, ou acide ascorbique, est naturellement présente dans la peau et intervient dans plusieurs mécanismes importants pour son apparence. Elle agit notamment comme antioxydant et comme cofacteur dans la synthèse du collagène. Appliquée localement dans une formulation capable de pénétrer la peau, elle permet d’augmenter directement sa disponibilité au niveau cutané.

Son premier intérêt est antioxydant. L’exposition aux ultraviolets, mais également différentes agressions environnementales, favorise la formation de radicaux libres. Ces molécules très réactives peuvent endommager les lipides, les protéines et d’autres structures cellulaires et participent notamment au photovieillissement. La vitamine C peut céder des électrons à ces molécules et contribuer ainsi à les neutraliser avant qu’elles ne provoquent davantage de réactions d’oxydation.

Elle intervient également dans la production du collagène, notamment comme cofacteur d’enzymes nécessaires à sa formation et à sa stabilisation. Des études cliniques ont observé après plusieurs semaines ou mois d’application de vitamine C une amélioration de certains signes du photovieillissement et, dans certaines études, une augmentation de la formation de collagène. Pour approfondir les moyens d’agir sur le collagène par l’alimentation et la supplémentation, voir notre article consacré au collagène par voie orale.

Enfin, la vitamine C peut agir sur la pigmentation. Elle interfère avec certaines étapes de la production de mélanine et peut ainsi contribuer progressivement à rendre certaines taches moins visibles et le teint plus homogène. Cet effet reste progressif : il faut généralement plusieurs semaines d’utilisation régulière avant d’attendre une différence visible.

D’un point de vue esthétique, son intérêt se concentre donc principalement sur trois éléments : limiter une partie du stress oxydatif responsable du vieillissement cutané, soutenir le collagène et améliorer progressivement l’uniformité du teint.

Vitamine C par voie cutanée et vitamine C alimentaire

La vitamine C présente dans l’alimentation circule dans l’organisme et participe naturellement au fonctionnement de la peau. L’application cutanée poursuit cependant un objectif différent : apporter directement une concentration de vitamine C à la peau sans dépendre uniquement de sa distribution depuis la circulation sanguine.

Cela ne signifie pas que l’application d’un sérum remplace les apports alimentaires en vitamine C, ni qu’une consommation très élevée de vitamine C produira les mêmes effets qu’un produit appliqué localement. Les deux voies répondent à des fonctions différentes : l’alimentation fournit la vitamine C nécessaire à l’organisme dans son ensemble ; l’application cutanée recherche un effet local supplémentaire sur la peau.

Quelle forme de vitamine C choisir ?

La vitamine C utilisée dans les cosmétiques existe sous plusieurs formes. La plus étudiée est l’acide L-ascorbique, qui correspond à la forme biologiquement active de la vitamine C. Son principal avantage est donc de ne pas nécessiter de transformation supplémentaire avant de pouvoir exercer son activité dans la peau.

Son principal défaut est sa stabilité. L’acide L-ascorbique s’oxyde facilement au contact de l’air, de la lumière et de la chaleur. Sa pénétration cutanée dépend également fortement de la formulation : les travaux classiques sur son absorption montrent qu’un pH inférieur à environ 3,5 facilite sa pénétration, avec une absorption maximale observée autour d’une concentration de 20 %.

Pour un usage quotidien, les sérums contenant environ 10 à 20 % d’acide L-ascorbique constituent donc une référence courante. Une concentration élevée n’est cependant pas automatiquement préférable : augmenter la concentration au-delà de 20 % ne semble pas augmenter davantage la quantité absorbée par la peau et les formulations acides peuvent être plus irritantes.

Une peau sensible peut donc commencer avec une concentration plus faible avant d’augmenter si nécessaire.

Les dérivés de vitamine C

Pour résoudre les problèmes de stabilité de l’acide L-ascorbique, de nombreux produits utilisent des dérivés de vitamine C, par exemple l’ascorbyl glucoside, le sodium ascorbyl phosphate, le magnesium ascorbyl phosphate, le 3-O-ethyl ascorbic acid ou différentes formes liposolubles.

Ces molécules sont généralement plus stables et peuvent parfois être mieux tolérées. En contrepartie, elles doivent souvent être transformées dans la peau pour produire ou reproduire l’activité de l’acide ascorbique, et leur pénétration comme leur efficacité varient fortement selon la molécule et la formulation. Les données cliniques sont également moins importantes pour plusieurs de ces dérivés que pour l’acide L-ascorbique.

Cela ne signifie pas qu’ils soient inefficaces. Ils constituent surtout une alternative lorsque l’acide L-ascorbique est mal toléré ou lorsque l’on souhaite une formule plus stable et généralement moins contraignante à conserver.

Vitamine E et acide férulique

Certains sérums associent la vitamine C à la vitamine E et à l’acide férulique. Cette combinaison n’est pas uniquement commerciale : les vitamines C et E possèdent des propriétés antioxydantes complémentaires, tandis que l’acide férulique peut améliorer la stabilité de leur formulation.

Des études expérimentales sur peau humaine ont montré qu’une combinaison de vitamines C et E avec de l’acide férulique augmentait la protection contre certains dommages induits par les UV par rapport aux antioxydants utilisés seuls.

Ces produits restent toutefois des compléments à la photoprotection. Même un sérum antioxydant efficace ne constitue pas une protection solaire et ne doit pas être utilisé comme tel.

Comment appliquer la vitamine C ?

La vitamine C s’applique généralement après le nettoyage du visage, sur une peau propre. Quelques gouttes d’un sérum suffisent généralement à répartir une couche fine sur le visage.

Pensez à couvrir l’ensemble des zones concernées :

  • Le front.
  • Les joues.
  • Le nez et ses côtés.
  • Les tempes.
  • Le menton.
  • La ligne de la mâchoire.
  • Le dessous de la mâchoire.
  • Le cou si le produit y est bien toléré.

Il n’est pas nécessaire de masser longuement le produit. Répartissez-le simplement de manière homogène puis laissez-le pénétrer avant de poursuivre avec les autres soins prévus dans votre routine.

Matin ou soir ?

La vitamine C peut être utilisée le matin comme le soir. Son utilisation matinale présente cependant un intérêt particulier en raison de son action antioxydante : associée à une protection solaire, elle contribue à limiter certains dommages oxydatifs produits par les UV qui parviennent malgré tout à atteindre la peau.

Une routine matinale peut par exemple suivre cet ordre général :

  • Nettoyage.
  • Vitamine C.
  • Autres sérums ou soins adaptés à vos besoins.
  • Hydratant, si nécessaire.
  • Protection solaire.

Cet ordre n’est pas une règle absolue pour tous les produits. La texture, la formulation et les recommandations propres à chaque actif peuvent modifier leur place dans la routine.

L’application le soir reste également possible. Il n’est cependant pas indispensable de l’utiliser deux fois par jour pour commencer : une application quotidienne régulière constitue déjà une base raisonnable.

Combien de temps avant de voir des résultats ?

La vitamine C ne produit pas un changement immédiat comparable à celui d’un produit maquillant ou autobronzant. Son intérêt repose sur une utilisation régulière et prolongée.

Les effets sur l’éclat ou certaines irrégularités de pigmentation peuvent apparaître progressivement au cours des semaines suivantes, tandis que les modifications relatives au photovieillissement et au collagène nécessitent généralement plusieurs mois d’utilisation. Des études cliniques ayant observé une amélioration des rides ou de la peau photovieillie ont notamment utilisé des périodes de traitement de plusieurs semaines à plusieurs mois.

La régularité est donc généralement plus importante que l’utilisation occasionnelle d’une concentration très élevée.

Comment conserver son sérum ?

La stabilité constitue l’un des principaux problèmes de la vitamine C, particulièrement sous forme d’acide L-ascorbique. L’exposition à l’air, à la lumière et à la chaleur accélère son oxydation.

Privilégiez donc :

  • Un flacon opaque ou foncé.
  • Un contenant limitant l’entrée d’air.
  • Une fermeture correcte après utilisation.
  • Un stockage à l’abri de la chaleur et du soleil.

La couleur dépend de la formulation initiale, mais un changement important vers une teinte orange foncé ou brune peut indiquer une oxydation avancée. Dans ce cas, mieux vaut suivre les indications du fabricant et remplacer le produit lorsqu’il est manifestement altéré.

Un grand flacon utilisé pendant de très nombreux mois n’est donc pas toujours avantageux : pour une molécule instable, un conditionnement plus petit utilisé régulièrement peut permettre de terminer le produit avant qu’il ne se dégrade fortement.

Avec quels autres soins l’associer ?

La vitamine C peut s’intégrer dans une routine comprenant différents soins hydratants, antioxydants, traitements ciblés ou produits destinés à la texture et à la pigmentation de la peau. Il n’est pas nécessaire de construire toute la routine autour de la vitamine C : elle constitue simplement un actif parmi d’autres, à intégrer selon les besoins de la peau.

Elle peut notamment être utilisée dans une routine comprenant du rétinol, mais l’association de plusieurs actifs potentiellement irritants peut être difficile à tolérer chez certaines personnes. Une solution simple consiste alors à utiliser la vitamine C le matin et le rétinol le soir.

Le même raisonnement s’applique aux produits d’exfoliation. Il n’existe pas de nécessité générale d’interdire leur association, mais cumuler un sérum acide à la vitamine C avec des exfoliants peut augmenter picotements, rougeurs ou irritation. Il peut donc être préférable de les utiliser à des moments ou des jours différents si la peau les tolère mal.

D’autres actifs peuvent être associés sans difficulté particulière selon leur formulation et leur objectif. Le principe général reste d’éviter de superposer inutilement de nombreux produits irritants et d’introduire progressivement les nouveaux actifs afin d’identifier plus facilement ce que la peau tolère ou non.

Ce qu’il faut éviter

Une sensation légère de picotement peut apparaître avec certaines formulations acides, particulièrement lors des premières utilisations. Une brûlure importante, des rougeurs persistantes ou une desquamation marquée ne constituent en revanche pas un objectif et justifient généralement d’espacer l’utilisation, de diminuer la concentration ou de changer de formule.

N’augmentez pas systématiquement la concentration dans l’espoir d’obtenir des résultats plus rapides. Avec l’acide L-ascorbique, une formulation correcte compte autant que le pourcentage affiché sur le flacon.

Enfin, la vitamine C ne doit pas être utilisée pour compenser une exposition solaire excessive. Son activité antioxydante est complémentaire de la protection solaire, mais elle ne bloque ni les UVA ni les UVB et n’empêche pas les dommages liés à une exposition prolongée.

- Victor Billot Bonnafoux

Sources

  1. Topical Vitamin C and the Skin: Mechanisms of Action and Clinical Applications (nouvel onglet)
  2. Topical L-ascorbic acid: percutaneous absorption studies (nouvel onglet)
  3. Topical vitamin C: a useful agent for treating photoaging and other dermatologic conditions (nouvel onglet)
  4. Efficacy of topical vitamin C in melasma and photoaging: A systematic review (nouvel onglet)
  5. Double-blind, half-face study comparing topical vitamin C and vehicle for rejuvenation of photodamage (nouvel onglet)
  6. Topical ascorbic acid on photoaged skin. Clinical, topographical and ultrastructural evaluation (nouvel onglet)
  7. Stability, transdermal penetration, and cutaneous effects of ascorbic acid and its derivatives (nouvel onglet)
  8. Ferulic acid stabilizes a solution of vitamins C and E and doubles its photoprotection of skin (nouvel onglet)
  9. A topical antioxidant solution containing vitamins C and E stabilized by ferulic acid provides protection for human skin against damage caused by ultraviolet irradiation (nouvel onglet)


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