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La gestion du stress

HabitudesPeau et globalitéPrestanceImpact3/5
H.88 minMis à jour le

Résumé

Le stress ponctuel est normal. Le problème est le stress important qui dure. Il peut dégrader le sommeil, aggraver certaines maladies de peau, favoriser une alimentation moins contrôlée et ralentir la récupération. Il peut aussi participer à certaines chutes de cheveux.

Pour le réduire :

  • Agissez sur la cause quand c’est possible.
  • Protégez le sommeil.
  • Gardez une activité physique régulière.
  • Utilisez la respiration lente quand le stress monte.

La gestion du stress ne consiste pas à éviter toute difficulté. Elle consiste à éviter de rester inutilement en état d’alerte pendant des heures ou des semaines.


Article complet

À quoi sert le stress ?

Le stress est une réponse normale face à une difficulté ou une menace. Il augmente l’attention et prépare le corps à agir. Sur une courte durée, ce mécanisme est utile. Il devient problématique lorsqu’il reste activé alors que la situation ne le demande plus, ou lorsqu’une source de stress persiste pendant longtemps.

Le système nerveux sympathique s’active. L’adrénaline augmente. L’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien s’active aussi et entraîne la production de cortisol.

Le cortisol n’est pas une mauvaise hormone. Il participe au métabolisme, à la réponse immunitaire et au rythme veille-sommeil. Le but n’est donc pas de chercher à avoir « zéro cortisol ». Le problème vient d’un stress chronique et d’une régulation perturbée.

Pourquoi le stress peut-il dégrader l’apparence ?

Le stress agit rarement sur un seul élément. Il peut toucher en même temps le sommeil, la peau, l’alimentation, l’entraînement et certaines habitudes.

Une période difficile peut ainsi conduire à dormir moins, manger davantage, boire plus d’alcool, moins s’entraîner et moins prendre soin de sa peau. Le physique se dégrade alors autant par les effets directs du stress que par ses conséquences sur le comportement.

Quel effet le stress a-t-il sur la peau ?

Le stress psychologique peut perturber la barrière cutanée et ralentir sa récupération. Des expériences humaines ont montré une récupération plus lente de la barrière après une situation stressante. Il peut également modifier les réponses immunitaires et inflammatoires de la peau.

Cela ne signifie pas que le stress est responsable de tous les problèmes cutanés. Il peut surtout aggraver un terrain déjà présent.

Une bonne gestion du stress complète donc le nettoyage du visage, l’hydratation et la protection solaire. Elle ne les remplace pas.

Le stress peut-il aggraver l’acné ?

Oui, chez certaines personnes.

Des études menées pendant des périodes d’examens ont observé une augmentation de la sévérité de l’acné lorsque le stress augmentait. L’effet ne semble pas dépendre uniquement d’une hausse du sébum.

Le stress peut aussi favoriser de mauvaises habitudes : toucher les boutons, dormir moins, modifier son alimentation ou négliger sa routine.

Réduire le stress peut donc aider, mais ce n’est pas un traitement suffisant contre l’acné.

Le stress accélère-t-il le vieillissement de la peau ?

Un stress chronique peut nuire à plusieurs fonctions importantes de la peau. Les données montrent des effets sur la barrière, l’inflammation et la cicatrisation. Des travaux récents suggèrent aussi des effets sur certains marqueurs liés au vieillissement cutané.

Il faut cependant rester proportionné. Le soleil reste un facteur externe majeur du vieillissement cutané. Réduire le stress ne remplace donc pas la protection contre les UV.

Le stress ralentit-il la cicatrisation ?

Oui. C’est l’un des effets les mieux documentés sur la peau.

Des études humaines ont montré qu’un stress psychologique important pouvait ralentir la réparation de petites blessures. Une revue systématique a retrouvé cet effet dans la majorité des études examinées.

Cela concerne surtout les périodes de stress important ou prolongé. Une journée énervante ne va pas empêcher la peau de cicatriser.

Le stress peut-il faire perdre les cheveux ?

Un stress important peut participer à un effluvium télogène. Il s’agit d’une chute diffuse dans laquelle davantage de follicules passent en phase de repos puis perdent leur cheveu. Le déclencheur peut être psychologique, mais aussi une maladie, une forte perte de poids, une opération ou un autre stress physiologique.

La chute apparaît souvent avec un décalage après l’événement déclencheur. Elle ne doit pas être confondue avec l’alopécie androgénétique.

Un recul progressif des tempes ou un éclaircissement typique du sommet du crâne relève davantage de l’alopécie androgénétique. Voir Le finastéride et Le minoxidil.

Quel effet le stress a-t-il sur le sommeil ?

Stress et mauvais sommeil peuvent s’entretenir l’un l’autre. Une personne stressée peut avoir du mal à s’endormir, se réveiller davantage ou continuer à réfléchir une fois au lit. Le manque de sommeil rend ensuite la gestion émotionnelle plus difficile.

Casser cette boucle est important. Voir Le sommeil.

Le stress peut-il favoriser la prise de graisse ?

Indirectement, oui.

Le stress chronique est associé chez certaines personnes à davantage d’envies d’aliments gras et très caloriques. Il peut aussi réduire l’activité physique et perturber le sommeil. Ces effets facilitent un excès calorique.

Le cortisol ne crée cependant pas de graisse à partir de rien. Une prise de graisse nécessite toujours un apport énergétique suffisant.

La priorité pour perdre du gras reste donc l’alimentation et le bilan énergétique. Voir Le taux de graisse corporelle.

Le stress gêne-t-il la musculation ?

Un stress psychologique important peut réduire la qualité de la récupération. Des études ont observé une récupération musculaire plus lente après un effort intense chez les personnes rapportant davantage de stress chronique.

Le stress peut aussi réduire l’envie de s’entraîner ou la capacité à maintenir une routine.

Il ne faut pas pour autant éviter la musculation lorsque l’on est stressé. L’activité physique peut au contraire aider à réduire le stress.

Quelle est la première chose à faire contre le stress ?

Chercher sa cause.

Une technique de respiration ne compense pas un problème qui peut être résolu directement. Si le stress vient d’une tâche en retard, d’un emploi du temps impossible ou d’un problème concret, agir sur ce problème est souvent plus utile que chercher à modifier sa réponse physiologique.

Séparer les problèmes en deux catégories aide :

ce qui peut être modifié

ce qui ne peut pas l’être

Pour le premier groupe, planifier une action. Pour le second, travailler davantage sur la manière d’y répondre. Cette approche fait aussi partie des stratégies proposées par l’OMS pour gérer le stress.

L’activité physique réduit-elle le stress ?

Oui. L’activité physique est associée à une diminution du stress perçu et à une meilleure régulation de la réponse au stress. Elle aide aussi sur l’anxiété et l’humeur.

Il n’est pas nécessaire de choisir une activité spéciale. La musculation, le cardio ou simplement davantage de marche peuvent faire partie de la routine.

L’entraînement ne doit toutefois pas devenir une nouvelle source de stress avec des volumes impossibles à récupérer.

La respiration peut-elle réellement aider ?

Oui, surtout pour réduire rapidement l’activation ressentie.

Respirer lentement pendant quelques minutes peut réduire l’anxiété et certains marqueurs physiologiques du stress. Les données sont encourageantes, même si les études utilisent des méthodes différentes.

Une méthode simple consiste à respirer lentement et confortablement pendant quelques minutes. L’expiration peut être légèrement plus longue que l’inspiration. Il n’est pas nécessaire d’utiliser une séquence compliquée.

Le but est de ralentir. Pas de respirer le plus profondément possible jusqu’à avoir la tête qui tourne.

La méditation fonctionne-t-elle ?

Elle peut aider.

Les programmes de méditation et de pleine conscience produisent en moyenne une réduction petite à modérée du stress, de l’anxiété et de certains symptômes psychologiques.

Il n’est pas nécessaire de méditer une heure par jour. Quelques minutes régulières peuvent déjà servir à apprendre à remarquer une pensée stressante sans immédiatement la suivre.

Cela reste un outil. Une personne qui déteste méditer peut gérer son stress autrement.

Pourquoi une routine aide-t-elle ?

Le stress augmente facilement lorsque tout doit être décidé au dernier moment.

Des heures assez régulières pour dormir, manger, travailler et s’entraîner réduisent une partie de cette charge. Elles protègent aussi le sommeil, qui est lui-même important pour résister au stress. L’OMS recommande notamment de conserver une routine quotidienne et une activité physique régulière.

Il ne faut pas transformer cette organisation en planning rigide. Le but est de réduire le chaos, pas d’en créer un nouveau.

Faut-il éviter la caféine ?

Pas nécessairement. Mais une grande quantité de caféine peut augmenter l’agitation chez une personne déjà très stressée et peut surtout dégrader le sommeil lorsqu’elle est prise tard.

Si le stress s’accompagne de nervosité ou d’insomnie, réduire temporairement la consommation ou avancer la dernière prise est simple à tester.

Voir Thé et café.

L’alcool détend-il vraiment ?

Il peut donner une sensation temporaire de détente. Cela n’en fait pas une bonne stratégie.

L’alcool dégrade le sommeil et peut devenir une réponse automatique au stress. Le problème initial reste alors présent, avec un facteur supplémentaire qui nuit au physique.

Voir Arrêter l’alcool.

Quand faut-il faire davantage que gérer son stress seul ?

Un stress ponctuel avant un examen, une échéance ou un événement important est normal.

Un stress qui dure, empêche de dormir, bloque le travail, provoque des crises fréquentes ou devient difficile à contrôler mérite davantage d’attention. Une thérapie peut être utile lorsque les techniques simples et les changements de mode de vie ne suffisent pas.

Le but n’est pas d’attendre d’être complètement dépassé pour agir.

Quelle routine simple suivre ?

Réduire d’abord les sources de stress évitables. Garder un sommeil suffisant, une activité physique régulière et des journées assez structurées. Utiliser quelques minutes de respiration lente ou de relaxation lorsqu’une montée de stress apparaît. Ajouter de la méditation si elle convient.

Il n’est pas nécessaire d’accumuler dix techniques. Une ou deux méthodes utilisées régulièrement valent mieux qu’une routine compliquée abandonnée après une semaine.

À retenir

Le stress ponctuel est utile et normal. Le stress chronique est le problème. Il peut perturber le sommeil, la peau, la cicatrisation, l’alimentation et la récupération. Il peut aussi aggraver l’acné chez certaines personnes et participer à un effluvium télogène.

Pour le physique, mieux gérer son stress améliore surtout les conditions nécessaires aux autres leviers : mieux dormir, mieux manger, mieux récupérer et maintenir plus facilement ses routines.

Commencer par agir sur la cause du stress. Utiliser ensuite les outils simples qui fonctionnent : exercice, sommeil régulier, respiration lente et, si elle convient, méditation.

- Victor Billot Bonnafoux

Sources

  1. AAD - stress and skin (nouvel onglet)
  2. NHLBI - circadian rhythm treatment (nouvel onglet)


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